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jeudi 14 juin 2012

Paray-Dorenaz... suite

Alpage de Paray-Dorenaz
 Il serait tout à fait normal en cette saison d'entendre les cloches des vaches déjà montées à l'alpage de Paray-Dorenaz et de voir les toiles à fromage sécher le long des murs.
Mais cette année n'a rien de normal, nous le savons bien.

Alpage de Paray-Dorenaz
En vue du chalet encore dissimulé dans les névés, les sifflements d'alerte d'une marmotte se font entendre. Elle s'enfuie rapidement alors qu'elle profitait des rayons du soleil pour se réchauffer... Dans les névés les plus hauts, un troupeau de chamois femelles et leurs petits jouent dans la neige, à une distance infranchissable de tout photographe, avec ou sans zoom...

Crocus Printaniers
Anémones des Alpes

Ici, à près de 1700m, la nature semble avoir perdu la tête...
on la sent désemparée ou est-ce capricieuse, hésitante entre son manteau d'hiver et ses parures de printemps, se demandant si les fleurs doivent pousser dans la glace ou dans l'herbe grasse, si les ruisseaux s'écoulent entre des remparts de neige ou de paille jaunie par l'hiver.


Et puis là où la neige est partie, elle nous la joue belle et fait pousser des fleurs couleurs de neige...


Ici plus que nulle part ailleurs, on sait que l'homme obéit à la nature, n'ayant rien d'autre à faire que de laisser s'accomplir le cycle qui cette année l'oblige à rester plus longtemps dans la vallée.

Dans ce demi-cirque au pied des Vanils, nous sommes seuls à contempler la grandeur du ciel et des montagnes, et la patience de l'homme qui attend, soumis mais confiant, habitué aux caprices de la Dame qui régit son domaine.



Au loin le chemin qui nous permettra de rentrer dans la vallée semble bien enneigé, mais pour l'instant, une petite excursion entre les lapiés est de mise... en route alors!

... à suivre Dimanche!

lundi 11 juin 2012

Vers Paray

La chaine des Vanils depuis les Sciernes-Picat
Il existe des endroits qui nous enchantent tellement qu'y retourner chaque année devient presque obligatoire.

C'est le cas de La Pierreuse que nous avons retrouvé il y a peu de temps et c'est également ce que l'on ressent en montant en Paray.
Un paradis sauvage qui s'étend aux pieds des Vanils.
Pour y accéder, une bonne paire de chaussure et de l'endurance, mais il parait qu'un paradis ça se mérite, alors...

Les saisons offrent leurs différences et les années se suivant sans se ressembler, ceux qui s'aventurent en territoire bien connu s'attendent toujours à être surpris.

Sur la route des Sciernes-Picat et après deux heures de marche et de flânerie entre pâturages et bois féériques, notre objectif se profile à l'horizon, véritable barrière rocheuse qui sépare les cantons de Vaud et de Fribourg.

La neige y semble encore présente par grandes coulées et notre parcours retour en sera peut-être modifié.

L'alpage du Béviau-d'en-haut est encore fermé et la cascade qui s'écoule à pic entre les prairies depuis Paray-Dorenaz couvre tous les bruits environnant par son grondement incessant.

Alpage Béviau-d'en-Haut
Comme les fois précédentes nous reculons dans le temps; ici, nous sommes au début du printemps et les pissenlits font la fête dans les prés.
 
Quelque acrobate attiré par les jets et les jeux de l'eau qui gronde, décide soudain de monter par le terrain abrupte et glissant!

Essayer de raisonner un adulte qui retrouve une âme d'enfant en sautant d'une pierre à l'autre est bien inutile... et puis l'eau grondait si fort que j'en aurais perdu la voix :)

Alpage Béviau-d'en-Haut


vendredi 1 juin 2012

L'atelier du sculpteur

Pour en faire le tour, il faut y aller en été ou bien à l'automne, comme nous l'avions fait l'année dernière.
Pourtant le sculpteur ne prend jamais de repos et cet hiver a dû provoquer de nouveaux changements dans les roches grises...
Pour le moment, impossible d'accéder aux parois encore enneigées, ce qui d'ailleurs n'était pas le but de cette balade.

Réserve de La Pierreuse et Chalet de La Plâne (Pro-Natura)
Après notre détour à la source magique, le ciel a soudain emprunté ses couleurs aux roches, laissant peser sur nous la menace de l'orage...


C'est à ce moment-là que la Pierreuse est la plus belle, quand les roches se dessinent en dentelle sur le ciel couleur de plomb et que la neige s'accrochant encore aux immenses pierriers, ressemble à un grand jupon blanc recouvrant l'intimité de ce domaine sauvage et préservé...
L'alpe de la Plâne en haut du pâturage a réussi cet état de mimétisme complet avec la nature qui l'entoure. Son toit de tavillons a épousé les couleurs des solides portes en bois cuit par les intempéries.

Chalet de La Plâne (Pro-Natura)
Le poids de la neige a défait le travail accompli à l'automne, quand on prépare l'alpage pour la prochaine saison. Des oiseaux y ont fait leur nid trop bas et s'affolent en pépiements et nombreux battements d'ailes à mon arrivée!
- Du calme je ne fais que passer...
Avant de prendre un autre versant pour la descente, un dernier regard en arrière pour l'ultime salut à la grande dame qui dort encore... à bientôt Dame Pierreuse!


... à suivre


mardi 29 mai 2012

La Pierreuse

Massif de la Gummfluh et Réserve de La Pierreuse
Pendant huit mois d'hiver nous avons vécu à ses pieds... Lever les yeux vers le ciel c'était inévitablement aller à l'encontre de ses rochers. J'y inventais des formes, des portraits ou des silhouettes et je leur donnais des noms aussi éphémères que les ombres qui les avaient dessinés.

Avec l'arrivée d'un premier printemps nous étions partis à la découverte...
qu'allions-nous découvrir une fois que la neige aurait dégagé le chemin abrupt qui menait vers les ateliers d'une nature sauvage?

Les torrents grondaient des eaux de fonte, couvrant le chant des oiseaux et les bruits de la forêt.

Plusieurs fois nous sommes rentrés bredouilles, n'ayant pu parvenir à destination, rejetés par les murs de neige que nous n'osions pas franchir.
Mais petit à petit la Pierreuse s'est dévoilée, très doucement, comme un cadeau des plus précieux qu'on abimerait en l'ouvrant trop vite.


Trois ans après, c'est toujours avec le même sentiment de découverte que nous rendons visite à cette belle dame sauvage et préservée.
Pour clore nos petites vacances de Mai, nous avons repris le chemin comme un pèlerinage, en sachant que la montée est longue depuis le village mais qu'une fois là-haut tout est bien vite oublié.

La Gète - 1818
Alpage de la Gète
Les arbres couchés en travers du chemin nous ont obligés à emprunter le talus et à prendre par le pâturage; un obstacle nous permettant de faire une belle découverte, celle de l'alpage de la Gète dont le chalet, bâti à mains nues, date de 1818.


Arrêt obligatoire dans un décor de carte postale!
Puis renonçant à la route nous sommes partis en direction du col encore enneigé, uniques témoins d'un saisissant mélange de saisons.


 Au milieu de l'herbe encore jaunie par la neige nous constatons avec plaisir que l'artisan couturier s'est mis au travail et a brodé des milliers de fleurs sur les pâturages... sa façon toute particulière d'appeler gentiment les familles et les bêtes pour la saison d'été!

Soldanelle

lundi 7 mai 2012

La Laitemaire - 2° partie


Vue sur la chaine des Alpes, côté Suisse Allemande
La Laitemaire est un petit sommet des Préalpes Vaudoises qui culmine à 1678m. Il n'est même pas obligatoire d'arriver au point le plus haut pour découvrir la vue de 360° sur les Alpes au loin, et sur les chaînes du Vanil, de la Gummfluh et du Rubli, toutes proches.

La chaine des Vanils
Nous faisons cette balade un peu comme des éclaireurs cette année, pour décider de nos randonnées lors de nos très prochaines vacances, c'est-à-dire dans une semaine.
A première vue il semble que nous ferons surtout de la montagne à vache, le reste étant encore bien enneigé.

Alpage de Paray-Dorena
Même les Vanils, la chaîne qui nous sépare de la Gruyère, risquent de ne pas voir les troupeaux monter avant l'été.
Les Parays sont couvert de neige, leurs chalets d'alpage loin d'être occupés par les familles.
La roche grise mêlée aux éboulis et aux coulées de neige crée un tableau qui se dessine entres les tons délavés d'une aquarelle et les couleurs jetées au hasard d'une peinture abstraite.

La montée continue, cette fois les pieds dans la neige molle et glissante. A notre droite, le chemin qui redescend par le revers est impraticable. Il nous faudra choisir une autre route pour le retour. Partout les crocus ont investi les pentes ensoleillées. On découvre les premières soldanelles et deux primevères alpines tout de roses vêtues.

Primevère Alpine
 Ici la Nature ne connait pas notre calendrier et suit tranquillement son rythme. Quand la neige fond les fleurs apparaissent, suivant presque une hiérarchie...
Découvrir les pâturages d'altitude à cette époque c'est faire un retour en arrière dans le temps pour y retrouver le charme des fleurs qui sont apparues en Mars un peu plus bas et découvrir celles qu'on ne voit qu'à partir d'une certaine hauteur... il faut bien une petite récompense pour les marcheurs, non?!
Des détails auxquels on ne pense pas quand on voit les jardins fleuris du village!

Avant le sommet nous faisons une autre pause pour profiter du soleil, de l'herbe sèche, du silence... une tasse de thé, un fruit, quelques galettes, la vie est belle!

Mon épaule a bien résisté, pas de douleur ni même de gêne, que demander de plus, sinon une petite sieste bien méritée :-)


                 ... à suivre




dimanche 18 septembre 2011

Le Lait

Chaudron de l'alpe Le Creux - Les Diablerets -
 Matière première que j'ai appris à connaître et à apprécier dans son processus de transformation.
Et toujours, je m'étonne des milliers de fromages différents que l'on fabrique à partir du même ingrédient...


Mais attention, ce lait-là il sort de la vache qui a un nom, qui fait quasiment partie de la famille et qui mange de l'herbe toute l'année... pas de la farine ;)
Pas étonnant que ce lait-là soit magique et qu'il devienne un si bon fromage!

Fromage à Rebibes de Saanen

samedi 17 septembre 2011

"HEIDI"


Quand on a jamais connu une chose, on l'imagine!
N'a-t'on pas tous rêvé au moins une fois dans notre vie de vivre à la ferme, peut-être même dans les montagnes, de "garder" les troupeaux et d'avoir un grand-père qui nous apprendrait les mystères de la Nature mieux que n'importe quel prof de l'école primaire?...


Et puis il y a ceux ou celles qui veulent passer du rêve à la pratique et qui se lancent dans l'aventure d'une saison d'alpage.
C'est dur, ça vous transforme, ça vous séduit ou ça vous dégoûte mais dans tous les cas, ça vous laisse des souvenirs pour la vie!



 En allant à l'alpe Le Creux aux Diablerets l'an passé puis à nouveau cette année, ma fille m'aura fait connaître une expérience unique (et pas seulement comme photographe!).
Alors je profite du fait qu'elle n'ai pas d'ordinateur en ce moment :) pour lui faire ce petit hommage... à elle et à tous ceux qui continuent la tradition.


Tant qu'on ne l'a pas vécu ne serait-ce que quelques jours, on ne se rend pas compte du cadeau qu'il nous font!

:)


lundi 12 septembre 2011

P'tite Pause


Deux journées à l'alpage du Creux aux Diablerets pour retrouver ma fille, qui se refait les muscles des bras dans le grand chaudron à fromage!
Paysage grandiose du glacier à l'heure des repas, compagnie des vaches 24h/24, fabrication artisanale du fromage et joyeuses retrouvailles :)


Je reviens avec une grande et bonne nouvelle que j'annoncerai ici même!?... à bientôt!

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