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mercredi 29 août 2012

Bellinzona

Après le village des contrebandiers, nous avons décidé de laisser le lac sous les gouttes de pluie d'une journée s'annonçant plutôt grise et avons saisi l'occasion de visiter Bellinzona, aperçue l'année dernière au travers des vitres du train qui nous emmenait vers la Greina.

C'était avec enthousiasme que nous avions vu les remparts de la ville défilés sous nos yeux, en regrettant de ne pas faire halte.
Et cette année, de retour au Tessin par un hasard extraordinaire, nous n'allions pas repartir sans en découvrir la capitale, dont les tours, la muraille et les châteaux sont inscrits au Patrimoine Mondial de l'UNESCO comme "complexe défensif fortifié unique en son genre, construit dans le but de contrôler les voies de communications entre le nord et le sud des Alpes."

Les villes actuelles qui se développent à l’extrême et qui font fi des structures du passé  me déçoivent souvent au premier abord;  puis c'est la recherche et la découverte de ce passé qui m'attire car il ressurgit là où il faut, interpellant le visiteur, l'obligeant à aller au-delà de sa vision primaire et à rechercher dans les lignes et les emplacements de certains édifices, les clés de l'histoire... qu'il s'agisse de celle d'un pays, d'une région ou d'une vallée.

Les origines de Bellinzona se perdent presque dans la nuit des temps mais on sait que les premiers habitants s'installèrent sur le grand rocher de granit de Castelgrande au néolithique.

A l'époque romaine la ville constituait une imposante ligne de défense protégeant les lombards des francs. Le Moyen Age la vit sous la domination de rois, empereurs et évêques puis finalement sous la souveraineté des Visconti et des Sforza, ducs de Milan.
Au travers des dominations et alliances européennes, Bellinzona devint le bastion méridional des cols alpins, une situation qui la lança dans une ère de prospérité. En 1500, la ville passa sous domination helvétique.

Il faudrait la survoler pour avoir une idée de son importance stratégique, à moins de découvrir cette reproduction de Silvano Gilardi dont le nom "Reminiscenza di splendore" nous permet de comprendre pourquoi la ville devint la clé des Alpes et la porte de la Lombardie.

Reminiscenza di splendore - Silvano Gilardi 1992

Si la ville attire par sa douceur de vivre, avec ses rues piétonnes, ses terrasses et le témoignage de son passé aristocratique, il ne faudra pas manquer de revivre également l'histoire en montant à l'assaut de trois châteaux, Castelgrande, Montebello et Sasso Corbaro dont les portes ouvertes accueillent le visiteur toute la journée. 
Aujourd'hui les pelouses vertes tapissent le chemin des murailles, les vignes couvrent les pentes qui descendent vers le bas de la ville.

L'architecture moderne a apprivoisé l'espace historique, le béton gris côtoie la pierre colorée, les modules abstraits se jouent des regards critiques d'anciens princes de guerre.

Asseyons-nous à la terrasse d'un café ou sous un arbre, à l'abri des regards et des bruits pour entendre battre le pouls de cette ville enchanteresse...


 ... à suivre

vendredi 24 août 2012

Gandria

Gandria
Aujourd'hui prenons le bateau depuis Lugano pour aller à Gandria, un petit village suisse de 200 habitants à deux pas de la frontière italienne et qui, jusqu'à l'an de 1709 et son hiver particulièrement rude, était connu pour son huile d'olive.

Gandria - Ancienne fabrique de soie
Puis ce fut la production de soie qui lui donna sa renommée, comme en témoigne l'ancienne fabrique que l'on voit depuis le lac, en arrivant à l'embarcadère.

Plus récemment, la réputation d'un village malfamé imprima le nom de Gandria dans l'histoire... celle de la contrebande de cigarettes, de viande et d'alcool, entre la Suisse et l'Italie.
Imaginez-donc un "sous-marin" utilisé pour la contrebande de salami! Avait-il la forme d'un saucisson?

Gandria c'est aussi l'histoire d'un village qui se devait d'être autosuffisant, car longtemps accessible uniquement par le lac ou par des chemins tortueux... le jardinage, l'élevage et la pêche abondante du lac étaient donc les moyens de survie de ses habitants.
 Une nouvelle ère commença en 1936 lorsqu'une nouvelle route et des tunnels relièrent le village à Lugano et à l'Italie.

Gandria


Pour nous c'est une matinée de flânerie et de découverte, qui nous amène au-dessus du village où l'on peut admirer les toits en tuiles des habitations, l'architecture typique qui a perdu toute ressemblance avec les chalets suisse, la petite oliveraie qui explique sous forme de parcours ludique l'histoire et l'importance de l'huile d'olive pour cette région.

Gandria, l'ancienne cure


Gandria, village lacustre sur le lac de Lugano

Cantine de Gandria
Le bateau nous reprend puis nous dépose sur l'autre rive où les petites habitations sont encore en territoire suisse alors que les montagnes qui les surplombent portent des noms italiens.

Les cantine de Gandria (caves de Gandria) servaient à garder le vin, le fromage et la viande toute l'année car leurs températures se maintenaient toujours fraiches.

Aujourd’hui elles se sont transformées en grotti, ces restaurants rustiques où l'on accèdent par bateau et qui existent tout le long du sentier qui mène à Caprino.

Nouvelles flâneries, baignade dans le lac, fraicheur des sous-bois, petites plages aux arbres baignant dans l'eau... et le dernier bateau de retour qui repart... sans nous!

Nous voici prisonniers de ce rivage inconnu, sans aucun moyen pour retourner sur l'autre rive, jusqu'au lendemain! C'est vrai, il y a toujours la brasse...


Mais comme nous croyons à notre belle étoile et aux anges qui se promènent parmi nous pour nous donner un coup de pouce, en voici justement un, patron d'un resto chic à Caprino, qui nous propose une course folle dans son hors-bord et nous dépose en Italie voisine, d'où nous reprenons le bus puis un autre bateau qui nous ramène "chez nous"...

Lac de Lugano
Une belle journée pleine de souvenirs drôles... ;-)


... à suivre

dimanche 19 août 2012

Le Parco Scherrer

De retour sur les rives du lac de Lugano pour une balade fraicheur avec un rien d'exotisme... Intéressés?

Alors il suffit de monter les quelques marches bordées de mousse pour plonger dans le monde riche et varié d'Arturo Scherrer et son Jardin des Merveilles.

Ici commence un voyage inoubliable qui tout au long du chemin, vous permet d'admirer une étrange collection d'objets d'art, originaux et/ou copies, dissimulée dans des feuillages épais, placée dans un bassin bordé de végétation luxuriante, ou entourée de pelouses impeccables et de jardins méditerranéens avec vue sur le lac...


Chacun découvrira à son rythme un pavillon de thé siamois, une reproduction d'un palais indien ainsi que d'innombrables statues dispersées aux quatre coins de cet intrigant parc botanique.


Le dieu Pan enfant, quelques satyres et dryades, des nymphes et de nombreux chérubins agrémentent ce voyage mythologique si joliment organisé... mais d'autres merveilles attendent les flâneurs...

Une visite à ne pas manquer.


... à suivre

mardi 14 août 2012

Anges et Cimetière Monumental

Avant de s'enfoncer dans le dédale de strecia, ces ruelles qui sillonnent l'Antico Borgo di Morcò - la vieille ville de Morcote - montons les quelques 404 marches de la Scalinata Giacomo Rossi et de la Scala Monumentale.

Un édifice "audacieux et grandiose, considéré comme le joyau architectural de la région préalpine"... qu'on se le dise!

Il y a probablement une route aujourd'hui pour atteindre l'église Santa Maria del Sasso qui surmonte la ville, mais on connait le sens du sacrifice et de la pénitence infligé autrefois à ceux qui désiraient atteindre le paradis... d'où les 404 marches!
Et nous, pèlerins des grands chemins que nous sommes, avons gravi les marches à la recherche de la vue sur Morcote, sous un soleil voilé.


Un chemin vous emmène vers un autre et nous franchissons les grilles du Cimetière Monumental où l'Ange garde la ville, tourné vers le sud et l'Italie.
On pourrait trouver étrange de mettre un cimetière comme but de visite dans le prospectus proposé par l'OT mais il se présente un peu comme un jardin, et ce belvédère naturel permet d'embrasser la vue panoramique qui s'étire au-delà des collines italiennes.

On y découvre la maestria artisanale des Morcotais et le mécénat des familles aristocrates qui donnèrent une impulsion à l'architecture du village et des édifices ecclésiastiques.

Ici et là des visages gravés dans la pierre, un ange endormi sur une tombe, et un peu plus haut pour marquer la différence, les larges caveaux richement travaillés des familles patriciennes qui dominent le petit peuple.
Même dans la mort, il se doit de conserver son rang...

Les cyprès embaument l'air et les cigales chantent à tue-tête. Le soleil, même voilé, cogne et invite à rechercher la fraicheur...


Une allée découverte derrière un magnifique hortensias géant aux grosses têtes violettes nous invitent à descendre vers le lac mais notre destination est autre et quelques minutes après, nous surmontons le parc Scherrer où nous attendent de bien jolies surprises.



dimanche 12 août 2012

Morcote, la "perle du Cérésio"


C'est ainsi qu'on la surnomme cette jolie petite ville située à la pointe méridionale de la Suisse, au bord du lac de Lugano et elle mérite bien son nom.

La découverte depuis le bateau est prometteuse et permet d’apprécier d'un seul coup son cachet et son authenticité.
En approchant de l'embarcadère, on remarque les arcades emblématiques de la ville et les magnifiques pins qui protègent des regards trop curieux les façades anciennes des résidences privées.

Les pieds dans l'eau, des randonneurs se reposent après avoir fait le chemin depuis le mont San Salvatore. Il règne une certaine douceur de vivre et même si la circulation est présente et parfois bruyante (hélas), le clapotis de l'eau contre les barques, le soleil jouant entre les pins et les couleurs du lac invitent au repos.


De retour au Tessin mais dans un paysage tout à fait différent, nous sommes prêts à découvrir et profiter des petits trésors que nous offrira Morcote et ses environs.

Les 30°C et la végétation luxuriante qui couvre la presqu'île nous plongent déjà dans une espèce de torpeur bienfaisante, où le farniente se fait de plus en plus alléchant... mais que se passe-t'il, où sont nos montagnes et leur air vivifiant? ... oubliées pour quelques jours de repos.

 








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