Alors que le ciel bleu de cette dernière semaine fait déjà penser au printemps, la rivière se libère de son carcan de glace. Le soleil repousse lentement l'ombre qui a régné en force tout l'hiver, et ses rayons réchauffent le fond de la rivière. Dans la clarté matinale l'eau se transforme en or.
Pourtant, la grève et ses cailloux gris est encore recouverte de neige
et là où l'eau vient lécher le rivage, roches et branchages brillent aujourd'hui comme le cristal. Sous mes pas, la glace est
dure et retient toujours prisonnières des formes qui se sont transformées en tableaux de maître.
Encore quelques jours ou peut-être une semaine, avant que l'exposition disparaisse et redevienne matière primaire de l'artiste suprême.
Le nez à dix centimètres du sol gelé, je cherche, j'observe, je perds la notion du temps qui m'absorbe toute entière dans cette contemplation ludique. Sur le chemin du retour, je m'arrête et reste quelques instants au soleil.
Du froid ou de l'émotion ressentie, je ne sais ce qui me fait encore tourner la tête...




